J’ai connu Inêz Oludé da Silva il y a de nombreuses années déjà, à l’époque où j’étais conseiller culture au cabinet de Charles Picqué. C’est peu dire que son parcours m’a marqué : j’ai eu la chance de la voir évoluer, projet après projet, avec une constance et une générosité artistique rares.
Née à Pernambuco, au Brésil, Inêz est peintre muraliste et artiste engagée. Réfugiée politique en Belgique depuis 1976, elle s’installe à Saint-Gilles en 2002, et notre commune est depuis devenue le terreau de son travail. Son parcours personnel est le moteur de son art : ses œuvres portent les traces d’un exil, mais aussi d’une résistance, et interrogent sans relâche les questions de mémoire, de liberté et de transmission.
Je me souviens d’elle à la Maison des Cultures, où j’ai pu suivre de près la manière dont elle construisait ses projets, avec cette exigence et cette sensibilité qui la caractérisent. Je me souviens aussi de ses expositions à la Maison Pelgrims, puis à la Maison du Peuple, deux lieux qui lui ont permis de déployer tout un univers fait de découpages, de collages, de peinture et de couleurs vives, sa signature à elle. À chaque fois, c’était la même force qui se dégageait de son travail, la même capacité à faire dialoguer l’intime et le collectif, l’histoire personnelle et la grande Histoire.
Aujourd’hui, Inêz continue sur cette lancée avec « Le Musée Valise », une exposition consacrée à l’histoire de l’esclavage. Le titre est à son image : celui d’une mémoire que l’on transporte avec soi, que l’on déplie et que l’on partage où que l’on se trouve. À travers ses découpages, ses collages, sa peinture et ses couleurs, elle nous invite une fois de plus à regarder cette histoire en face, à nous en souvenir, et surtout à continuer de la transmettre.
C’est avec une grande fierté que je vois aujourd’hui le travail d’Inêz Oludé da Silva rayonner, ici, à l’Hôtel de Ville. Son parcours, entre engagement politique et engagement artistique, incarne à merveille ce que notre commune a de plus précieux : la capacité d’accueillir, de faire grandir et de célébrer celles et ceux qui, comme elle, font vivre la mémoire et la culture au service de toutes et tous.